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Le décès d’un enfant renversé par une voiture, un accident mortel sur un chantier, le décès d'une personne victime d’un meurtre, sont autant de tragédies que, dans leur fonction, les intervenants de première ligne (policiers, assistants sociaux) doivent annoncer aux familles. Ces interventions délicates doivent être préparées et réalisées de manière particulière.




Ces missions délicates doivent être soigneusement organisées et en particulier le recueil d’information sur la victime (identité, situation familiale), les faits (type d’accident, lieu, heure, circonstances, conditions d’un dernier hommage) et les personnes à avertir (identité, situation familiale, état de santé, etc.).

En maîtrisant un maximum d’informations, les intervenants pourront agir efficacement et notamment faire face aux réactions des proches de la victime et répondre à leurs questions au sujet de l’accident.




Les intervenants doivent également se préparer mentalement. En effet, sous le choc d’une telle annonce, les réactions émotionnelles peuvent être très impressionnantes et contaminer des professionnels aguerris. Face aux pleurs, aux cris, aux réactions de panique, à un déni de la réalité du drame, au refus de toute forme d’aide, à la prostration, etc., même les professionnels éprouvent des émotions fortes.


Pour les intervenants, certaines situations peuvent en outre revêtir une signification particulière à un moment de leur histoire, voire entraîner une identification (par exemple, annoncer le décès d’un enfant quand on est devenu soi-même récemment parent). Or, pour remplir leur mission correctement et humainement, ils se doivent de maîtriser leurs comportements et leurs émotions.

Mieux ils savent à quoi s’attendre, mieux ils se protégeront des sentiments d’impuissance qui peuvent apparaître dans ces circonstances particulièrement difficiles. Toutefois, il s’agit d’éviter d’inhiber durablement les sentiments désagréables suscités par de telles interventions. Partager son vécu et ventiler ses émotions avec un collègue ou un psychologue, c’est se permettre de rester efficace face à la douleur et la souffrance.




L’annonce doit être faite dans les plus brefs délais, avant que les personnes concernées ne soient informées du drame par les médias, par les réseaux sociaux et si la victime décède à l’hôpital, les policiers doivent vérifier qu’elles n’ont pas déjà été averties par le personnel médical. 
 
 

  Il est difficile pour un seul intervenant de gérer simultanément plusieurs personnes en détresse (par exemple, un couple apprenant le décès de leur enfant), raison pour laquelle il est préférable de constituer un tandem d’intervenants. Il peut être utile, voire nécessaire, que les policiers soient accompagnés d’un intervenant psychosocial chargé de l’assistance aux victimes au sein de la zone de police (soutien psychologique, orientation pour une aide ultérieure, etc.). En principe, ce sera le policier qui annoncera le décès.




L’entretien doit se dérouler dans un environnement calme
. Lorsqu’il se passe au domicile des proches, les intervenants demanderont à entrer dans l’habitation ; à l’hôpital, ils repèreront un local adéquat et sur le lieu de travail, ils contacteront un responsable et demanderont de disposer d’une pièce tranquille. Ils veilleront à ne pas être dérangés par des coups de téléphone ou par les communications des radios de service.




Prochain article : Comment annoncer un décès tragique aux proches du défunt ?  




Evelyne Josse

Psychologue, psychothérapeute



Avec la collaboration des services d’assistance aux victimes des zones de police de SECOVA et WAVRE.

Un manuel complet consacré à l’annonce d’une mauvaise nouvelle a été rédigé par la zone de police SECOVA. Plus d’informations auprès de Mme Anne Kilen, service du personnel, 04/364 22 63.

 


Sources : Le traumatisme psychique et le deuil



COL17/2012. Circulaire commune du ministre de la Justice, du ministre de l’Intérieur et du Collège des procureurs généraux concernant, en cas d’intervention des autorités judiciaires, le traitement respectueux du défunt, l’annonce de son décès, le dernier hommage à lui rendre et le nettoyage des lieux

 

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