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Les jeux de hasard et d’argent, une activité de loisir ? Oui, mais d’apparence inoffensive, cette passion peut se révéler cauchemardesque pour ceux qui en arrivent à développer une réelle addiction, comparable à une addiction à l’alcool ou aux drogues.  



Qu’est-ce que le jeu pathologique ?


La dépendance au jeu peut prendre plusieurs formes : jeux de loterie, casino, machines à sous, courses hippiques, bingo, paris sportifs, jeux à gratter, bourse, etc.


On estime qu’au moins 5% de la population belge vit un problème en lien avec le jeu et 2% en serait dépendant.


Le jeu pathologique est reconnu dans la communauté médicale et scientifique comme une réelle addiction depuis 2013.



Reconnaitre les signes


Un besoin de jouer avec des sommes d’argent de plus en plus importantes (tolérance)


Des efforts infructueux, de l’irritabilité  ou de l’agitation lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique (sevrage)


Une préoccupation constante de jouer ou de trouver des moyens pour le faire


Jouer pour faire face à des sentiments de souffrance ou de mal être


Jouer pour récupérer ses pertes, compter sur les autres  pour obtenir de l’argent pour jouer ou pour rembourser ses dettes de jeu.


Mentir à propos de ses habitudes de jeu


Mettre en danger ses relations personnelles, professionnelles et/ou scolaires à cause du jeu.



Quatre de ces critères doivent être présents pendant 12 mois pour que le diagnostic puisse être posé.

 

 Pourquoi devient-on dépendant ?

Chez certains joueurs, le jeu procure une source d’excitation importante souvent dans le but de mettre à distance des difficultés financières, familiales, professionnelles ou un mal être comme la dépression ou une autre addiction, par exemple à l’alcool.


Pour d’autres, perdre le contrôle et sombrer dans le jeu excessif permet d’exprimer un certain malaise ou une colère envers l’entourage.


Pour beaucoup, c’est avant tout le gain qui motive car l’argent est valorisé dans nos sociétés et est un gage de réussite sociale. Les gains potentiels au jeu permettent d’avoir une meilleure image de soi.



Comment devient-on dépendant au jeu ?


La plupart du temps, lorsque nous jouons à des jeux de hasard et d’argent, c’est pour gagner. Même si les opérateurs de jeu mettent tout en œuvre pour nous donner l’illusion de pouvoir contrôler l’issue du jeu, nous n’avons aucun moyen de garantir nos gains.


Il n’est pas rare de voir la raison s’envoler et les émotions prendre le dessus. Fausses croyances, superstitions, se souvenir davantage des sommes gagnées que perdues font naître un sentiment d’euphorie qui nous pousse à jouer toujours plus. C’est ce qu’on appelle la phase de gain.

En parallèle une hormone, la dopamine aussi appelée molécule du plaisir est sécrétée. D’autres modifications cérébrales s’opèrent dont la plus importante est la stimulation des récepteurs à endorphines, d’autres molécules impliquées dans la sensation de bien-être et la diminution des sensations douloureuses.


Très vite, la phase de perte fait son apparition, les pertes étant plus nombreuses statistiquement que les gains. Les joueurs, bercés par leurs fausses croyances sont persuadés que la chance n’est pas loin et qu’ils peuvent se refaire. Ils jouent pour récupérer les pertes et creusent le gouffre financier. L’engrenage est lancé, nous sommes dans la phase de désespoir. Le cerveau n’arrive plus à produire lui-même les molécules nécessaires à son bon fonctionnement, il a besoin d’être stimulé par le jeu, ce qui induit la nécessité de jouer toujours plus et les symptômes de manque.


C’est ainsi que le joueur développe une dépendance au jeu.

 

Quelles sont les conséquences d’une addiction au jeu ?


Des problèmes financiers pouvant mener à un surendettement car l’argent emprunté n’est jamais remboursé, ce qui peut entrainer des difficultés juridiques.


Un isolement social causé par de la violence verbale ou physique, le mensonge et la perte de confiance.


Des problèmes physiques comme l’insomnie, des douleurs musculaires, des maux de tête.


Des troubles de l’humeur et anxieux, un manque d’estime de soi, une perte de contrôle pouvant mener à des idées suicidaires.


Développer d’autres dépendances, à la cigarette, à l’alcool ou aux drogues.




Mélanie SAEREMANS

Psychologue- Psychothérapeute



Sources :

Jeu pathologique, Conseil Supérieur de la Santé

Addictions, Du plaisir à la dépendance, INSERM

Commission des jeux de hasard


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