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Le jeune fugue pour faire passer un message, pour dire sa souffrance dans sa relation aux proches, pour tester leur attachement, fuir un problème. Fuguer ne date pas d’hier. De tout temps, ce passage à l’acte a existé. En famille comme en institution.


Dans un premier temps, nous effleurerons le thème de la fugue de manière chiffrée et tenterons de la distinguer de la disparition «inquiétante». Ensuite, nous nous pencherons sur les raisons de fuguer et sur les signes qui peuvent attirer l'attention.



La fugue en chiffres


La fugue a fonction de soupape. A titre d'exemple, le rapport annuel 2017 de Child Focus dénombre 1151 dossiers de fugues dont 1115 fugues effectives. Statu quo avec 2016. Près de la moitié des fugueurs sont âgés de 13 à 15 ans, un bon tiers de 16 à 17 ans. Une courte majorité concerne les garçons, selon certaines associations. Les jeunes en fugue s’absentent généralement pour un ou deux jours, tout au plus une «courte» semaine, rapporte Child Focus. Qui peut sembler bien longue… Près de 14% des fugues sont jugées inquiétantes, selon Child Focus qui souligne que ce chiffre est stable.



Fugue ou disparition inquiétante ?


Il y a fugue lorsqu’un mineur part contre la volonté de ses parents. Mais la différence avec une «disparition inquiétante» est parfois ténue. Clarifions.

Il y a «disparition inquiétante» lorsqu'un de ces critères minimum est présent :

le mineur a moins de 13 ans,

il présente un handicap ou manque d’autonomie,

il doit suivre un traitement médical,

il est peut-être en danger de mort

il est en compagnie de tiers qui pourraient constituer une menace pour son bien-être ou risque d'être la vicitme d'un fait délictueux

cette absence est contraire à son comportement habituel.


On s’écarte par contre de la «disparition inquiétante», même si l'absence inquiète les proches, quand le mineur a dit vouloir fuguer, quand il a laissé des indices laissant penser qu’il a fugué (bagage, argent, mot, etc.), quand il y a eu une crise dans la famille, quand la fugue a lieu le jour de la remise du bulletin, etc.


Ceci étant, la fugue, considérée disparition inquiétante ou pas, comporte des risques dès lors que le jeune est dans la rue : agression, drogue, vol pour subvenir à ses besoins, etc. Mais elle peut aussi être «bénéfique» lorsqu’elle met à plat un problème familial et oblige à des réajustements.



Quels sont les signes annonciateurs ? Pourquoi avoir fugué ?



A posteriori, l’on peut parfois se rendre compte que des signes annonçaient la fugue : problèmes scolaires, repli sur soi, test incessant des limites, surconsommation d’alcool ou de drogue, comportement conflictuel, changements d’amis, etc. Des indices oui, parfois. Mais au fond que se passe-t-il ?

À côté d’éventuels besoins d’autonomie, de problèmes de maltraitance ou de difficultés du jeune par rapport à lui-même ou au monde qui l’entoure, les conflits familiaux restent un des déclencheurs principaux d’une fugue. Des familles prises dans des difficultés qui peuvent les dépasser : précarité économique, chômage, problème de logement, soit des facteurs d’exclusion entamant la crédibilité des parents et fragilisant la famille. Les relations familiales se complexifient, des jeunes choisissent alors la fuite. Entre autres passages à l’acte.



Le retour du fugueur


Une préparation des parents à l’accueil et à la discussion serait bienvenue : réfléchir à ce que le jeune a voulu dire, aux pistes de solution, à ce qui est négociable. Tout en faisant prendre conscience de ce que la fugue a provoqué chez le parent. Il est primordial que le jeune ressente qu’on n’est pas indifférent à son acte, car c’est une preuve d’attachement.



Dans un prochain article, nous verrons quels sont les relais et les services d’aide en cas de fugue d’un jeune.




Sandrine MATHEN
 
Licenciée en sciences psychologiques

 

En savoir plus :

Site Fugues.be - Ados en rupture

Site Child Focus


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