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Dans une période de confinement anxiogène qui modifie les habitudes sociales et familiales, les enfants peuvent avoir beaucoup de questions, sur bon nombre de sujets. Diffuser une information correcte est de nature à réduire le stress, à sécuriser, à resserrer les liens. 

 


Qu’est-ce que le coronavirus ?

 

  • Partez de son expérience personnelle : Que sait-t-il ? Qu’a-t-il vu, entendu ? Quelles sont ses interrogations ?

  • Evoquez avec lui ses expériences passées de rhume, de grippe, d’angine, les siennes ou encore celles de ses proches ou vécues à l’école. Ensuite, vous pouvez lui expliquer que le COVID-19 est une maladie récente, qui se propage comme la grippe. La différence est qu’elle est plus "méchante".

  • Ensuite, vous pouvez faire référence à notre corps qui découvre cette maladie et cherche encore le moyen de s’en défendre, de s’en protéger. Dans le cas du coronavirus, les médecins et laboratoires pharmaceutiques n’ont pas encore trouvé de médicaments, de vaccins pour aider notre corps à se soigner. Mais partout dans le monde, on y travaille. Il faut encore un peu de temps.



La fermeture inédite des écoles et d’autres lieux

 

Dans le contexte de confinement propre à générer bon nombre d’inquiétudes, il est impératif que les parents parviennent à maîtriser la stabilité offerte par la famille pour annihiler l’impression de chaos provoqué par les bouleversements du rythme quotidien. Conserver le rythme scolaire (heures de lever et de coucher, heures réservées aux leçons et aux devoirs, heures des repas, activités physiques, etc.) va aider l’enfant à s’adapter au changement imposé, dans un climat de continuité et de sécurité.

  • Faire référence aux périodes de vacances scolaires vous permettra le parallélisme avec la décision des autorités de fermer de manière temporaire les écoles. Une fois la période terminée, l’école accueillera à nouveau ses élèves comme au retour des vacances.

  • Abordez avec lui la raison de cette fermeture : le risque d’attraper le virus augmente proportionnellement au nombre d’enfants et/ou d’adultes en un lieu. Rester chez soi devient dès lors le meilleur moyen de rester en bonne santé.

  • Quant à ses amis, ils sont toujours là. Ils pensent certainement autant à lui qu’inversement. Pour les ados, cette rupture dans les besoins sociaux, probablement plus difficile à vivre que par les plus jeunes, peut être compensée par les réseaux sociaux qu’ils utilisent déjà.

  • Pour réduire l’anxiété potentielle liée au retard pris dans la matière enseignée, aux examens, etc. dites-lui que tous les enfants sont dans la même situation et que tout est mis en place pour trouver des solutions. L’organisation de cours en ligne au sein de certaines écoles en est un exemple.



Les contacts à éviter avec les grands-parents

 

Cette rupture de contact recommandée avec les ainés de la famille est une source de perturbation pour les enfants.

  • Expliquez-leur que les personnes âgées sont plus fragiles aux maladies comme la grippe, et donc maintenant au coronavirus Il est donc impératif en tant qu’adulte et enfant, de les protéger de ce « méchant » virus, dont on peut même être porteur sans le savoir.
    Mais c’est temporaire ! Ils reverront dès que cela sera possible leurs "papy" et "mamy" qui continuent à très fort penser à eux et à les aimer !

  • En attendant ils peuvent leur parler au téléphone, sur les réseaux sociaux qui regorgent de solutions pour réinventer la communication de notre affection ou encore leur envoyer un dessin, une lettre, une petite carte, un poème, une chanson, un sketch, une vidéo…

  • Pour dédramatiser, vous pouvez essayer d’activer chez l’enfant son côté "super héros" qui grâce aux gestes simples enseignés et à un respect responsable des principes de confinement va jouer un rôle important dans la protection des plus faibles, dans la lutte contre l’expansion de la maladie.



Les interdictions

 

Pas simple pour un enfant de comprendre que certaines activités lui sont désormais interdites alors que d’autres restent permises (aller au parc, au supermarché, se promener en rue, faire de l’exercice, etc.) tout en respectant une distance de protection.


La proposition est ici d’être circonstancié en vous référant aux principes sous-jacents au confinement comme nous l’avons fait pour l’impossibilité de continuer à rendre visite aux grands-parents ou pour la fermeture des écoles.


En cas d’incohérence, il n’existe pas de réponses toutes faites. Soyez authentique, admettez votre propre incompréhension tout en revenant à l’obligation pour tout enfant et tout adulte, de respecter les interdictions imposées par les autorités.



La quarantaine et l’inquiétude pour un proche malade



La quarantaine est une mesure de précaution qui concerne les personnes ayant été en contact avec le virus ou manifestant des symptômes qui y font penser. Cela ne veut pas dire qu’elles sont infectées. En les obligeant à rester chez elles, les autorités veulent éviter qu’elles ne contaminent d’autres personnes au cas où elles le seraient. 


Il en sera de même si l’enfant se tracasse pour un camarade infecté qui est obligé de rester confiné à son domicile : comme pour d’autre maladie, il doit rester à la maison pour se soigner et éviter de contaminer autrui. C’est également valable pour un adulte.



Le décès de personnes atteintes du COVID-19



Soyez authentique aussi en reconnaissant cette réalité tout en la dédramatisant. La toute grande majorité des personnes atteintes finissent par guérir. Les malades qui décèdent souffrent bien souvent de pathologies antérieures voire sont des personnes très âgées.



Les masques



Les enfants croisent des gens porteurs d’un masque ce qui peut susciter chez eux des questions.

                                     

  • Expliquez que les personnes croisées dans l’espace public porteuses d’un masque sont certainement anxieuses et qu’elles adoptent dès lors un comportement qui les rassure.

  • Un masque chirurgical n’est en effet recommandé que pour les personnes malades qui restent chez elles.

  • Si l’enfant doit porter un masque, parce qu’il est malade ou en présence de personnes âgées par exemple, réactivez son super héros qui lutte contre le "méchant virus" et sa propagation.

  • Si vous devez vous-même porter un masque, pour ne pas dérouter/effrayer l’enfant, dans la mesure du possible, montrez-lui votre visage à nu à distance avant de lui en expliquer la nécessité. Ensuite, seulement placez-le devant la bouche et le nez. Avec les plus petits, vous pouvez d’abord cacher votre visage avec le masque puis le montrer à nouveau en disant "coucou ! Beuh !". Sourire garanti ?



Thierry DEROUA

Commissaire Divisionnaire e.r.

Licencié en Criminologie

Trainer en attitude coachante



Sources :

Les enfants face au coronavirus, Evelyne Josse, Psychologue, psychothérapeute, psycho-traumatologue.


Avoir peur du Corona virus ? Guide pour les parents et les enseignants,
Lies Scaut & Erik de Soir (2020), Brochure éditée par De Weg Wijzer – Centre d’expertise du trauma et du deuil, Leopoldsburg.