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Le retour de fugue est toujours un moment délicat. De multiples questions se posent : pourquoi ? Comment éviter que cela se reproduise ? Quelles erreurs ont été commises ? Quelle attitude adopter ? La gestion de ce retour influencera le risque de répétition de la fugue.

 

 

Dans nos précédents articles, nous nous sommes penchés sur les raisons et les risques d’une fugue, ainsi que sur les relais pouvant accompagner dans une telle situation.




Gérer les émotions avant le retour


Angoisse, peur, colère, tristesse, la disparition d’un enfant provoque généralement de l’incompréhension, de l’impuissance ou encore l’impression d’être défié dans son autorité. Le retour peut aussi mener à une remise en question profonde de la cohérence familiale. Il est conseillé d’extérioriser ces émotions avant la reprise de contact afin qu’elles ne prennent pas le dessus lors de la discussion.




Et s’il m’appelle avant son retour ?


La ligne de conduite : rester en relation.


Vouloir à tout prix savoir où le jeune se trouve risque de rompre le dialogue. Demander plutôt si tout va bien : Es-tu en sécurité ? Peux-tu parler librement ?  Peux-tu sortir d’où tu es ? Veux-tu que je vienne te chercher ? Des questions fermées auxquelles il peut être plus facile de répondre si on se sent dans l’impossibilité de parler librement.



Les recommandations de la police de Montréal, lors d’un appel  

  • Garder son sang-froid, parler de ses émotions sans culpabiliser, demander s’il/elle est prête à parler des raisons de sa fugue ;

  • Si le jeune ne souhaite pas rentrer, convenir de rendez-vous téléphoniques, proposer éventuellement une rencontre dans un lieu neutre ;

  • Eviter de blâmer, de faire des promesses, d’utiliser des menaces ou le chantage, d’insister si le jeune refuse de dire où il est.

  • Par contre, dès que vous savez où il est et si un signalement a été fait auprès de la police, avertissez-la afin d’arrêter les recherches.

 


Préparer la réinstallation


Discussion, travail familial plus approfondi, tout est affaire de ressenti et de contexte. Votre enfant peut vivre son retour comme une capitulation mêlant la peur d’être confronté à ses parents et le soulagement d’être rentré. L’important est de renouer le dialogue et d’envisager des solutions qui conviennent à tous.


Pour y arriver, il est utile d’y avoir songé avant :

  • Quel est le sens de sa fugue ?
  • Que veut-il exprimer ?
  • À qui son message s’adresse-t-il ?
  • Quelles sont les solutions à ce problème ? Qu’est-ce qui est négociable ?

 


Laisser le temps


Il peut être bénéfique de laisser du temps au jeune de se « réinstaller », de remettre ses affaires dans sa chambre. Cela lui permettra de ne pas se sentir exclu de la famille malgré sa fugue. De plus, ce temps permettra à chacun de « réguler » la charge émotionnelle du retour.


Si les émotions sont trop fortes, reporter la discussion peut être salutaire. Néanmoins, il est important que chacun sache qu’elle aura lieu.

 


Cadrer les retrouvailles


Il est mieux de décider ensemble des « modalités » avant d’entrer dans le vif du sujet :

  • choisir un lieu où chacun se sent en sécurité et à l’aise ;

  • déterminer qui participe à la discussion (présence éventuelle d’une tierce personne) ;

  • répondre aux besoins de soutien et de sécurité du jeune plutôt qu’aux besoins d’information et de contrôle de la situation des intervenants, qu’ils soient parents, éducateurs ou autres ;

  • équilibrer souplesse et recadrage : être en empathie tout en fixant/rappelant un cadre clair ;

Il est certainement utile d’évaluer les solutions trouvées après la fugue afin de voir si la situation convient à tout le monde. Néanmoins, l’évaluer trop souvent risque de transformer la fugue en stigmate. Un équilibre doit être trouvé.




Et si la discussion ne fonctionne pas ?


Si la discussion n’aboutit pas, l’on peut se tourner vers le réseau familial ou amical du jeune ou des parents. D’autres pistes existent comme l’internat scolaire, l’accueil temporaire en centre spécialisé (centre d’accompagnement « Abaka », etc., voir le site Retour de fugue), un centre mandaté par le Service d’Aide à la Jeunesse ou le Tribunal de la Jeunesse.

 

Articles précédents :

Pourquoi les jeunes fuguent-ils ? Quels sont les risques ?

A qui s'adresser en cas de fugue d’un jeune ?




Sandrine MATHEN

Licenciée en Sciences psychologiques



Sources :


Avant, pendant et après la fugue
,
Assistance et recherche de Personnes disparues, France,

 

Que faire lorsque votre enfant revient de fugue ? Jeunes en fugue, Canada 


Guide de prévention à l’intention des parents de fugueurs,
Police de Montréal, 2007, 


Retour de fugue
, SOS-Jeunes Quartier Libre, AMO Bruxelles,