Ce site utilise des cookies qui permettent d'optimiser les contenus de Secunews asbl en fonction des statistiques d'audience. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à ces fins. Pour plus d’informations, consultez notre politique de confidentialité. Politique de confidentialité

A A A

Le modus operandi du vol à la voiture bélier procède d'une action extrêmement violente puisque la devanture d’une surface commerciale est percutée par un véhicule pour faciliter l’intrusion. De la reconnaissance des lieux à la fuite, comment procèdent les auteurs ?

 


Vol au bélier : de quoi s’agit-il ?


Le vol au bélier est défini par le Collège des Procureurs généraux dans la Circulaire COL 12/2003 comme étant :

« le fait de commettre un vol ou la tentative de vol au moyen d’effraction sur un étalage, porte ou portail d’accès d’une entreprise indépendante ou d’un commerce indépendant en se servant d’un véhicule, d’un objet (poussé ou non par un véhicule), ou d’une quelconque arme de choc dans le but d’enlever rapidement le butin présent ».



Le vol au bélier est généralement commis à l’aide d’un véhicule pour obtenir un impact décisif sur la surface (volet, vitrine, …) visée. Mais les auteurs peuvent également utiliser des objets lourds (masses/marteaux, extincteurs, poutrelle, etc.) pour enfoncer la devanture. 


Bien qu’en baisse, le phénomène ne peut être négligé au regard du coût particulièrement élevé des dégâts occasionnés par l’attaque, le montant dépassant souvent celui du vol proprement dit. A noter que ces faits de vols au bélier se déroulent en dehors des heures d'ouverture, et essentiellement la nuit.


Nous aborderons ici la question du modus operandi et des solutions préventives. Des conseils pratiques plus détaillés feront l’objet d’un prochain article.




Mode opératoire : quelques minutes suffisent …


La brochure Mieux vaut prévenir que guérir publiée en 2010 par la FEB en collaboration avec la police judiciaire fédérale, ainsi que certaines recherches, décrivent le mode opératoire de ce type de cambriolage de manière détaillée.


Rarement le fruit d’un acte impulsif ou improvisé, le processus se fait en 4 étapes :


Une reconnaissance des lieux

précède l’acte afin de repérer les zones de vulnérabilité de l’établissement (alarmes, caméras, solidité du portail, etc.) et l’intérêt des biens à voler. Travail d’équipe avant tout, il est très rare de ne voir qu’un seul auteur : complices pour repérer les lieux, personnes chargées de neutraliser les dispositifs de sécurité, chauffeurs expérimentés, exécutants pour le vol proprement dit, etc.


L’intrusion

soit l’enfoncement d’une partie de l’établissement, peut se faire soit à l’aide d’une voiture, généralement volée (parfois un bulldozer), soit à l’aide d’objets divers se trouvant souvent près de la cible (blocs de béton, poutres, plaques d’égouts, etc.) ou amenés sur place par les auteurs (une masse par ex). Des éléments lourds/solides peuvent être aussi, selon les cas, poussés par le véhicule ou renforcer le parechoc avant.


Bien que la voiture-bélier puisse être envoyée à toute vitesse pour percuter la vitrine, une approche plus lente est plus commune et ce, afin de minimiser les risques d’alerte (diminution du bruit) et les risques d’éclats (éviter les blessures et les traces des auteurs, etc.).


Le processus d'intrusion peut résulter d'une combinaison de plusieurs actions, notamment la découpe du volet afin de le relever et de faciliter l'enfoncement de la vitrine par le véhicule.



Le vol du butin

se fait aussitôt la brèche ouverte. En 2019, les établissements les plus ciblés ont été les pharmacies, devant les concessionnaires automobiles, les stations-services et magasins d'électroménager. Les petits commerces (nightshops, etc.) ou encore les distributeurs de billets sont également visés.


Outre l’argent, les véhicules et les médicaments, les objets prisés sont des produits pouvant être facilement recelés et revendus : tabac, alcool, vêtements haut de gamme, électro, bijoux, etc.


La fuite

s’opère à l’aide d’un véhicule également volé dans les environnements immédiats et se fait généralement via une voie différente de celle de l’intrusion. Le vol au bélier ne prend que quelques minutes et de fait, déjoue l’efficacité des dispositifs de sécurité (alarme, temps d’intervention des services de police, etc.).




Des solutions concrètes 


Les dispositifs de techno-prévention restent l’une des solutions de base ; les mesures organisationnelles (bien fermer les voies d’accès, inventaire d’objets de valeurs, etc.), électroniques (alarmes, caméras, etc.), architecturales, urbanistiques (piliers, voies fermées, etc.) et mécaniques (volets, coffres-forts, etc.) atténuent les risques d’un cambriolage sous toutes ses formes.


Voir notamment la Toolbox pour la sécurité des pharmacies
http://www.securitedespharmacies.be/



Les conseillers en prévention vols des zones de police et communes sont bien évidemment disponibles pour analyser les risques et dispenser les conseils appropriés. Leur appui est neutre, gratuit et sans engagement.
https://www.besafe.be/fr/conseiller-en-prevention-vol-incendie




Les Partenariats Locaux de Prévention pour indépendants (PLP-I) permettent également d’accroître le contrôle social et de diminuer les risques d’effraction. Il consiste en l’instauration d’un réseau (commerçants, citoyens, police locale) axé sur la collaboration et donc l’échange d’informations. De sorte qu’un membre ayant constaté des agissements suspects (repérage, présence douteuse d’un véhicule, etc.) peut alerter ou sensibiliser les acteurs concernés.


Outre les incitants fiscaux prévus pour les aménagements contre le vol, des subsides spécifiques sont parfois prévus pour contribuer à la dissuasion. 



Prochain article : Se protéger contre l'attaque à la voiture-bélier ?



Sébastien DORMAELS
Licencié en Criminologie



En savoir plus :


Conseils et idées pour mieux protéger son entreprise : Mieux vaut prévenir que guérir !


Besafe, Indépendants et professions libérales


Contrer les attaques au camion-bélier : les obstacles fixes efficaces

La dynamique d’un partenariat local de prévention