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Pendant longtemps, la régulation de la gouvernance de la sécurité était un domaine principalement du ressort de l’Etat ou organisé autour d’une binarité public – privé. Or, ces deux dernières décennies s’illustrent par l’apparition de nombreux nouveaux acteurs amenés à organiser eux aussi la sécurité au sein de différents sites (écoles, hôpitaux, services sociaux, commerces, fournisseurs d’énergie, particuliers, etc.) dont les missions, totalement ou partiellement, participent à la sûreté et la sécurité quotidienne de la population. De plus la «sécurité» est devenue progressivement un thème dominant, tant au sein du discours politique qu’au niveau de sa médiatisation. Se faisant, son rôle est devenu important quant à la manière selon laquelle la société est régulée.



L’impact des développements structuraux et culturels sur la sécurité


L’ouvrage prend le temps d’explorer les développements majeurs ayant eu une influence sur le concept de sécurité et sa mise en œuvre dans nos sociétés occidentales depuis le 19e siècle jusqu’à aujourd’hui.

Une vue détaillée des processus de sécurisation et de gestion des risques modernes par les institutions traditionnelles (police, pouvoir judiciaire, etc.) – mais aussi par les nouveaux acteurs de la sécurité – est présentée via l’analyse de ce modèle hybride public-privé et ce à travers 4 cas d’étude en Europe :

- La lutte contre la culture de la marijuana ;
- La lutte contre la criminalité liée aux transports de marchandises ;
- Les équipes d’intervention urbaine ;
- Les Collective Shops Ban(1).

La description et l’analyse de ces casus visent à soulever d’importantes questions à propos de la citoyenneté, de l’ordre social et de la Loi à travers ce nouveau paradigme sécuritaire.


L’ouvrage offre une approche novatrice et interdisciplinaire – intégrant philosophie, sociologie et sciences politiques – de la mise en œuvre de la sécurité dans l’environnement urbain moderne. Il tend notamment à montrer que la régulation de la société est principalement imprégnée par la sécurité, celle-ci étant elle-même liée aux développements sociaux de longue durée tels que l’individualisation, l’essor des technologies de l’information et de la communication ainsi que l’augmentation de l’ampleur et de la sévérité des crimes depuis 1980.



L'auteur, Marc Schuilenburg, PhD en Sciences sociales – enseigne à la Vrije Universiteit Amsterdam et a travaillé durant de nombreuses années à l’interface de différentes disciplines telles que la philosophie, la sociologie et criminologie. Son expertise et ses points d’intérêts s’organisent autour des thèmes de la gouvernance de la sécurité, l’ordre social ainsi que les politiques de prévention et lutte contre la criminalité.


9915 Securitization of Society

Risk and Social Order (trans. George Hall, intro. David Garland). New York: New York University Press. 2015. 978-1-4798-5421-9. Theoretical Criminology, ISSN 1362-4806. (In press)

 

 

 

 

 

(1) Mis en place à la Haye (Pays-Bas) depuis 2005 en vue de prévenir les incivilités, le programme permet aux entrepreneurs et commerçants d’imposer eux-mêmes le bannissement d’une personne ayant manifesté un comportement indésirable dans un site commercial et ce, via une interdiction d’accès dans tous les commerces de la ville.





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